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Agroécologie et Sécurité Alimentaire

Les OGM dans l’Agriculture, la Fin d’un Mythe ?

Les OGM dans l’Agriculture, la Fin d’un Mythe ?

 

Pourquoi a-t-on décidé qu’un segment d’ADN est une simple pièce de mécanique ?

Depuis les tous premiers jours de l’agriculture, il y a environ 10 000 ans, et jusqu’au début du XX siècle, la domestication a consisté à contrôler une biodynamique évolutive naturelle. Elle a juste orienté l’organisation des plantes dans leur milieu, de telle sorte que leurs performances répondent le mieux aux besoins alimentaires de l’homme. Dans le cas de l’évolution naturelle, cela semble être une évidence. Dans le contexte de la coévolution, l’agrobiodiversité est dirigée, ou contrariée par les paysans et aboutit à une sélection, mais toujours maintenue dans l’élan évolutif induit par l’environnement.

Mais voilà que depuis la fin du XXème siècle, l’industrie semencière, se croyant dotée de pouvoir ou de savoir illimité, vient rompre l’équilibre spontané entre plante et environnement. La semence est fabriquée dans des milieux artificialisés, le lien avec les écosystèmes naturels est désormais assuré par les « intrants » ; pesticides, engrais…, et même l’irrigation !

Il est certain que l’industrie semencière n’a pas tenu compte de la faculté naturelle de l’environnement à diriger nos gènes, par des mécanismes épigénétique. Elle n’a pas non plus, vu arriver l’hérédité des caractères acquis. Enfin elle ne se serait pas attendue à voire débarqué Lamarck en trouble jeux.

Jusqu’au début du XXIème siècle, la réflexion s’est basée sur un dogme unique ; le déterminisme génétique de l’ADN. Une vision assez réductionniste, qui a assimilé un segment d'ADN à un caractère ou à un gène. Elle peut selon elle intervenir comme s’il s’agit d’une quelconque pièce dans un gros moteur d’engin. A partir de là, il s’avère que la transgénèse a été l'objet d'un mensonge élaboré et présenté avec une grande apparence de vérité. En fait, la transgénèse réalisée en milieux totalement contrôlés (laboratoire), ne peut être transposée à une pratique dans la nature, où l’expression génétique, qui au-delà du déterminisme est induite par les changements des milieux.

Il devient clair que la réflexion qui a été introduite de façon erronée est totalement invalidée par la génétique moderne. Puisqu’on sait aujourd’hui que si le fonctionnement des gènes est déterminé par l’ADN, il l’est aussi par des inducteurs environnementaux, ce que le paysan connait de façon empirique ! L’idée même de la sélection massale paysanne se base sur le fait que pour chaque environnement, un végétal développe un type de comportement particulier. A partir d’une population de semences, la sélection laisse s’exprimer toute la plasticité épigénétique. Du coup c’est ce qui permet à l’espèce cultivée de s’adapter à la diversité naturelle des climats et des territoires, d’où la grande résilience de semences paysannes.

On sait donc qu’un segment d'ADN n’aura pas nécessairement la même fonctionnalité, donc celle-ci dépendra aussi d’inducteurs du milieu extérieur. Plus encore on sait aussi que les fonctions acquises ou les caractères acquis dans un milieu donné peuvent se transmettre d’une génération à l’autre, à travers la mémoire de l'activité des gènes, comme ils peuvent s’estomper progressivement. La séquence d’ADN n’ayant pas été modifiée les changements héréditaires provoqués sont donc réversibles dans l’expression et la fonction des gènes.

De toute évidence la logique de l’industrie semencière est incompatible avec les lois biologiques de l’évolution, surtout dans un contexte marchand motivée par la quête du profit. Elle fait en sorte de restreindre inévitablement l’agrobiodiversité, ce qui ampute gravement le potentiel de résilience de l’agriculture.

Quelle supercherie que de vouloir faire croire que les systèmes biologiques peuvent être assimilés à des mécanismes industriels.

Dans cette vidéo, Pascal Poot met à nu cette fraude diffusée par un vocabulaire scientifique trompeur, aux services de l’industrie semencière.

Sofiane Benadjila. Ing.Agronome ENSA (ex :INA)

Consultant Indépendant.

sofbenadjila@hotmail.fr

 

Sources :

Octobre 2016. http://www.changeonsdagriculture.fr/pourquoi-refuser-les-ogm-agricoles-premiere-partie-a127129832

Marie-Véronique GENTIL ; Contrôle épigénétique du risque de montaison chez une plante de grande culture : la betterave sucrière. Janv2009.

Simon Charbonneau La loi sur la biodiversité reflète une vision utilitariste de la nature août 2016. https://reporterre.net/La-loi-sur-la-biodiversite-reflete-une-vision-utilitariste-de-la-nature.

 

L'Histoire Naturelle est chaotique, la biodiversité aussi...

http://www.notre-planete.info/actualites/4510-biodiversite-nature-chaos-vie.

 

Amandine Ramage ; Regard sur la biodiversité végétale cultivée Aout 2011

Edith Heard, Épigénétique et mémoire cellulaire, 2013

 

GIULIANO Simon ; Caractérisation de l’évolution de variétés paysannes pour la mise en place d’une législation semencière adaptée. Mai 2010

 

Marc DUFUMIER, Semences paysannes VS semences industrielles http://libertepourlespaysans.org/2016/02/18/semences-paysannes-vs-semences-industrielles/

 

Véronique Chable et Jean-François Berthellot ; La sélection participative en France : présentation des expériences en cours pour les agricultures biologiques et paysannes. Dossier de l’environnement de l’INRA n° 30

 

SOPHIE CHAPELLE ; De nouveaux OGM, sans évaluation ni étiquetage, bientôt dans les assiettes ? AVRIL 2016 www.bastamag.net/De-nouveaux-OGM-sans-evaluation-ni-etiquetage-bientot-dans-les-assiettes.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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