Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Agroécologie et Sécurité Alimentaire

CHANGEMENT CLIMATIQUE AGRICULTURE ALGERIENNE

 

L’AGRICULTURE ALGERIENNE

A

L’EPREUVE DES CHANGEMENTS CLIMATIQUES

Les changements climatiques naturels ont toujours rythmé la vie sur la planète. De longues périodes glacières étalées sur 100 000 ans se sont succédées alternées par des épisodes interglaciaires de 10 000 ans. Même si juste une différence de 5 C° en faisait la différence, la lenteur des fluctuations thermiques laissait un temps d’adaptation aux espèces du vivant. Le climat actuel est l’héritage de la glaciation würmienne, qui s’est déroulée entre 70 000 et 14 000 ans. Depuis, l’effet serre du à l’eau contenue dans l’atmosphère a stabilisé la température autour de 15°C, provoquant le déclic de la vie biologique qui est à l’origine de la révolution du néolithique, de l’agriculture… مركز تحميل الصور.

C’est à cause de sa rapidité, que le réchauffement climatique qui a accompagné la révolution industrielle, a suscité de l’inquiétude. En un siècle la température a augmenté de 0.6 C°, alors que pendant l’ère préindustrielle, l’augmentation naturelle de la température se faisait à un rythme moyen de 0.02 par siècle. Ce qui pousse à déduire que l’activité humaine en est la principale cause. Cette accélération 30 fois supérieure à la normale, à l’image d’un choc thermique présente donc un danger pour l’humanité.

L’Afrique du Nord et le Sahara, ont particulièrement subi les répercussions négatives du réchauffement climatique planétaire, puisque les effets de la désertification se sont fait sentir il y a déjà 2500 ans. Les récentes perturbations vont encore aggraver le phénomène qui menace directement la sécurité alimentaire des populations de ces régions. Car l’augmentation des températures induira incontestablement des modifications des cycles de l’eau, une érosion de la biodiversité, un déplacement des étages bioclimatiques… L’agriculture reste donc le secteur économique le plus sensible aux effets du changement climatique.

La production agricole devra satisfaire les besoins d’une population croissante en dépit de la modification du climat et de son impact sur la réduction des ressources hydriques (500 m3/hab./an contre une moyenne mondiale de 7000 m3/hab./an). L’agriculture au Maghreb étant pluviale à plus de 95%, une réduction de 10 à 30 % des eaux de surfaces, cumulée à une augmentation de 1C°, provoqueront une diminution des rendements des céréales de 5 à 15%...مركز تحميل الصور

Par ailleurs on note que si au niveau mondial la hausse des températures au XXème siècle a été de l’ordre de 0,75°C, celle sur l’Algérie s’est située entre 1,5° et 2°C, soit plus du double de la hausse moyenne planétaire.مركز تحميل الصور

Ces données nous montrent clairement le niveau de vulnérabilité de l’Algérie, puisqu’à l’échelle planétaire un réchauffement de 1,5°C apparaît déjà inéluctable. Nous sommes confrontés à une situation où l’excès de chaleur et le manque d’eau affecteront profondément les cycles des cultures. Dès lors, des changements de pratiques agricoles adaptées aux conditions locales s’imposent. Il est nécessaire d’inventer des solutions à l’échelle des territoires en tenant compte de leur multifonctionnalité.

La difficulté réside dans le fait qu’il ne suffit pas seulement d’assurer la sécurité alimentaire en augmentant la production agricole. Il faudra aussi s’adapter au changement climatique en l’atténuant, ce qui passe par une approche intégrée et multidimensionnelle. C’est là où le concept d’agriculture climato-intelligente climatique (climate-smart agriculture – CSA) prend toute sa dimension. Elle a pour triple impératif l’accroissement de la productivité, l’amélioration de la résistance au changement climatique et la réduction des émissions de GES par de nouvelles pratiques agricoles. Elle privilégie une ingénierie qui développe la capacité des systèmes agricoles résilients en réalisant des objectifs sociaux et respectueux de l’environnement.

Alors que le pays présente une dépendance alimentaire structurelle chronique, signalant par là que l’urgence est derrière nous. Dépasser les retards de développement de l’agriculture devient une urgence capitale pour la sauvegarde de la souveraineté nationale. Sans plus attendre, un ensemble de mesures doivent être engagées.

  • Définir une géographie du paysage agricole qui fera apparaître les terroirs et leurs vocations agricoles.
  • Lutter contre la désertification, qui peut elle-même être source d’émission de CO2, tout en augmentant la température au sol et par conséquent agit sur la détermination de l’effet serre.
  • La reforestation massive des espaces, la restauration et la protection des sols, deviennent une priorité nationale, puisqu’ils auront pour objectifs d’atténuer les rigueurs climatiques, d’augmenter la pluviométrie, et de développer des activités sylvicoles à caractère économique.
  • Faire ressusciter les variétés ancestrales adaptées aux conditions d’aridité.
  • Appuyer le soutien public en mettant l’accent sur la recherche dans le cadre d’un développement durable.
  • Orienter le développement par une politique alimentaire dans le domaine de l’agrobiologie et l’intensification des services écologiques
  • Assurer la sécurité des droits fonciers pour permettre aux acteurs sociaux et promoteurs de s’impliquer pleinement
  • Accroître l’efficacité énergétique en vue d’une libération impérative des énergies carbonées.

Benadjila Sofiane, Ing Agronome ENSA (ex INA)

sofbenadjila03@gmail.com

version pdf :

https://drive.google.com/file/d/0BxnwRPoFyUO0Vm1IcnpaNENsYU0/view?usp=sharing

CHANGEMENT CLIMATIQUE AGRICULTURE ALGERIENNE

Partager cet article

Repost 0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article